Des doses


Paracétamol Le paracétamol est un inhibiteur de la synthèse des prostaglandines agissant sur le système nerveux central. Le paracétamol est administré par voie orale ou intraveineuse. Pour le préhospitalier, la voie intraveineuse est privilégiée. La dose unitaire est de 1 g, à administrer en intraveineuse lente sur 15 minutes (pour éviter les douleurs et les malaises à l’injection), à renouveler toutes les 6 heures chez l’adulte (soit 4 g/ 24 h). Son délai d’action est d’environ 30 minutes avec un pic d’activité entre 1 et 2 heures. Les seules contre-indications sont l’insuffisance hépatique et l’allergie. La toxicité hépatique du paracétamol survient pour des doses largement supérieures aux doses thérapeutiques. C’est un analgésique mineur, utilisé pour des douleurs faibles à modérées ou en association avec des analgésiques puissants pour le traitement des douleurs intenses (effet additif avec les morphiniques). Le paracétamol peut être administré par voie orale dès l’accueil par l’infirmière des urgences, sur protocoles thérapeutiques établis datés et signés, permettant ainsi de raccourcir les délais de prise en charge thérapeutique. Anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) Les AINS produisent un effet analgésique par blocage de la synthèse des prostaglandines en inhibant les cyclo-oxygénases inductibles. Les AINS ont un certain nombre d’effets secondaires liés au blocage des cyclo-oxygénases constitutives : ils favorisent la survenue d’ulcérations et d’hémorragies digestives, ils inhibent l’agrégation plaquettaire, diminuent la filtration glomérulaire, favorisent la rétention hydrosodée et peuvent provoquer une bronchoconstriction et des réactions allergiques, parfois croisées avec l’aspirine. Les effets secondaires sont d’autant plus fréquents que l’administration est prolongée, que les patients sont âgés, que la dose administrée est importante et qu’il existe une pathologie sous-jacente (insuffisance rénale, cardiaque, cirrhose hépatique, antécédent d’ulcère gastroduodénal). Les AINS sont contre-indiqués chez les patients hypovolémiques, chez les patients présentant des anomalies de l’hémostase, chez les insuffisants rénaux ou cardiaques, chez les cirrhotiques, chez les patients ayant des antécédents d’hémorragie digestive ou d’ulcères gastroduodénaux et chez les asthmatiques. Ils sont principalement indiqués en cas de pathologie avec réaction inflammatoire (coliques néphrétiques, douleurs articulaires aiguës, douleurs osseuses, pathologie stomatologique et otorhinolaryngologique, etc.). De nombreuses molécules existent et les études ayant comparé les différents AINS entre eux ont conclu à l’absence de supériorité d’une molécule par rapport à une autre, que ce soit en termes d’efficacité ou en termes d’incidence des effets secondaires. Dans le contexte de l’urgence, la molécule la plus appropriée est le kétoprofène (Profénid®) à la posologie de 100 mg toutes les 8 heures en intraveineuse lente sur 20 minutes. Le délai d’action est d’environ 15 à 20 minutes avec une durée d’action de 4 à 6 heures. Ils peuvent être associés à d’autres antalgiques (effet additif avec le paracétamol et synergique avec les morphiniques). Protoxyde d’azote Le Kalinox® est un mélange équimoléculaire de protoxyde d’azote (N2O) et d’oxygène, contenant 50 vol % de chaque gaz. En dessous de -7 °C, le N2O se liquéfie, d’où le risque d’administration d’un mélange appauvri en oxygène, contre-indiquant son administration lorsque la température extérieure est inférieure à 5 °C. Le protoxyde d’azote est un analgésique d’action centrale. Ses effets sur les récepteurs morphiniques sont discutés et pourraient expliquer partiellement son effet analgésique. Ses effets dépresseurs hémodynamiques sont très modérés. Beaucoup plus diffusible que l’azote, le N2O pénètre plus rapidement dans les cavités aériennes closes que l’azote n’en sort. Il augmente donc le volume des gaz quand les parois des cavités sont distensibles ou augmente la pression intracavitaire